Les secrets: quelle(s) conséquence(s)?

Discussions et réflexions animées | Ateliers et exercices

Le concept du secret en est un, à la fois intrigant et fascinant. Il y a en effet quelque chose de très bouleversant, sous différents sens du terme, dans le fait de savoir quelque chose que les autres ne savent pas ou qui ne peut pas être révélé. La notion de secret renvoie à une quantité de problématiques liées au rapport à l’autre.

Le secret met aussi en évidence la question de la confiance que l’on porte à autrui. Confier un secret c’est aussi la prise de risque que cela engendre. Il y a également la notion de partage, d’échange entre toutes les personnes « dans » le secret, la notion d’exclusion pour ceux qui sont tenus en-dehors.

Le secret implique de se taire. Un aspect moral s’en dégage donc : la capacité à garder un secret est une préparation utile au fait de ne pas trahir. Mais est-ce que tous les secrets sont « bons » à garder? Et qu’en est-il du poids d’un secret? Puis des conséquences ?

Vous êtes invité à venir entamer une réflexion en commun, mercredi le 13 février de 13 h 30 à 15 h au Dybb’s Cafe (2ième étage) 320 rue Notre-Dame Est, Victoriaville.

15$/rencontre | incluant café-tisane-biscuit. Inscription obligatoire, places limitées  Par téléphone 819 352-8577 ou via le formulaire en ligne

Singeries et lâcher-prise

Avez-vous déjà entendus comment on attrape certains singes en Indonésie?

Une orange est placée dans une grosse citrouille suspendue et le singe entre sa main pour prendre son fruit auquel « il tient », l’orange. Puis, il se fera éventuellement capturer parce qu’il refuse de lâcher l’orange alors qu’il aurait très bien pu grimper à un autre arbre et cueillir librement son orange. Mais non, il se fait capturer.

Vous faites-vous capturer par des idées? Quelle est votre orange?

Lors des ateliers que j’anime, c’est une des premières invitations que je lance au participant: lâchez-prise sur vos idées préconçues, préceptes, préjugés .. Ouvrir sur d’autres possibles!

En procédant ainsi on peut aussi laisser-aller du ressentiment, des préoccupations, des croyances, de la culpabilité, etc. Les ateliers de discussion sont une forme d’antidote aux messages retenus et coincés dans votre esprit et cela, souvent à votre insu.

Mais pourquoi nous nous appuyons sur quelque chose qui nous empêche d’avancer? Peut-être parce que nous n’avons pas lâché prise de ce désir d’avoir raison. Sortons de ces dichotomies qui présentent des extrémités sans nuance: » j’avais raison, tu avais tort! » Avouons que c’est plutôt limitant. Vous êtes invités à venir repousser les limites, les vôtres, en pensant par vous-même, pour vous-même et avec les autres!

« La capacité de lâcher prise, la capacité de faire confiance, de s’adapter positivement pour assumer la responsabilité de donner du sens à sa vie, à l’instant qui passe, c’est être prêt à dire oui, à consentir à la vie avec tout ce qu’elle apporte avec elle. »

Rosette Poletti et Barbara Dobbs

Des ateliers sur mesure

Les ateliers Histoire De Penser ça sert à quoi? notamment :

  • Gestion de conflits
  • Éducation des émotions
  • Meilleures communications
  • Prévention de la violence
  • Maintien et renforcement de l’activité cérébrale
  • Penser par soi-même, pour soi-même, avec les autres

Histoire d’être accompagné, vous pouvez avoir accès à des rencontres adaptées et sur mesure pour vos besoins personnels ou celui de votre milieu de vie: école, organisme ou entreprise, permettant ainsi d’améliorer des habiletés sociales et intellectuelles des participants.

Un besoin qui justifie les moyens?

Une rencontre fortuite!

Un hasard, diront certains. À moins que nous fussions destinés à nous rencontrer ? Toujours est-il, que d’un heureux dialogue entamé durant les fêtes de décembre passé, est née une collaboration et une activité pour les proches aidants et les personnes atteintes, entre la Société Alzheimer du Centre-du-Québec, point de service de Victoriaville, la FADOQ Centre-du-Québec et Histoire de penser.

Thérèse Houle
Thérèse Houle, Conseillère aux proches aidants

« Depuis un bon moment, j’entendais bien qu’il y avait un besoin pour lequel je n’avais pas d’offre ou de solutions. Une demande de la part des gens que je rencontrais à mon bureau ou que j’avais au bout du fil, qui recherchaient une activité de groupe où les échanges permettent de construire ensemble selon différents points de vue et pour différentes raisons. Non pas celui où la maladie occupe nécessairement les échanges, mais des discussions sur différentes thématiques qui les concernent et pour lesquels ils pourraient avoir du plaisir à échanger leurs idées. »

– Thérèse Houle

C’est ici que la magie opère! C’est en grande partie ce que la communauté de recherche philosophique (CRP) offre. Échanger, aller au-delà de l’opinion sur des sujets qui sont au cœur de nos vies. Le moyen, la façon proposée, le processus qui est en jeu dans la CRP allait rencontrer la multiplicité des points de vue des participants et les mettre au défi de penser par eux-mêmes et ensemble. Penser à des hypothèses plausibles, des solutions, des conséquences à ce qu’ils avancent lors de la recherche en commun. Penser à des exemples, à l’occasion pêchés dans leur récit de vie et des contre-exemples tout de suite évoqués entre eux, les expériences sont vastes et riches ici.

Communauté de recherche philosophique
Atelier de discussion, communauté de recherche philosophique, à Victoriaville.

Les participants n’ont pas toujours été d’accord entre eux et j’oserais dire que c’est tant mieux. Ce qui ne les a pas empêchés de porter un respect envers les personnes qui ont proposé des idées inconvenantes de leur point de vue. À certaines occasions, des participants se sont vus changer d’idée, d’opinion, émus d’être témoins de ce qui leur arrivait au sein de cette activité par laquelle ils avaient du plaisir à réfléchir ensemble!

En tant qu’animatrice j’ai savouré chaque instant en compagnie des groupes que j’ai accompagnés. Les participants m’ont fait remarqué qu’il y a dans cette pratique, un effet « moment présent ». Les sujets abordés sont tellement intéressants et les participants qui collaborent à faire avancer la recherche vers des réponses possibles sont ancrées dans ce processus et parce qu’ils prennent soin de réfléchir, prennent soin des mots qu’ils vont utiliser, prennent soin de ce qui est proposé, sans préjugé, en essayant de comprendre l’autre. Ils ont remis de l’avant, cette idée, cette manière de vivre l’activité comme une méditation sur le sujet qui nous aide à vire mieux, ensemble. Dans un contexte de maladie dégénérative, possible que bien des questions, qui ne s’étaient jamais présentées auparavant, surviennent. Et c’est ici, par la communauté de recherche qu’un espace s’est créé, lieu pour ces questions partagées, ces problèmes communs parfois.

Une douzaine de séances ont eu lieu depuis janvier, de façon hebdomadaire, un groupe d’une vingtaine de personnes liées d’une manière ou d’une autre à la Société Alzheimer ont participé à des échanges constructifs à propos de sujets qu’ils ont choisis ensemble d’aborder. Parfois des questions portant sur les valeurs, les droits, l’amitié, le pardon, le progrès, l’identité, la vérité…

Renforcement de liens humains et cognitifs!

Non seulement il y a eu échange d’idées, mais des rencontres qui ont mené vers des amitiés, de la confiance en soi, de la confiance envers les autres membres du groupe.

L’activité de la communauté de recherche rencontre deux éléments de prévention et de maintien important pour notre cerveau. Les études montrent qu’en faisant fonctionner notre cerveau régulièrement, nous pouvons réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Le maintien des liens sociaux est aussi un aspect important de prévention et de maintien, cela aide à garder le cerveau en forme. L’interaction sociale semble avoir un effet protecteur contre les troubles cognitifs.

À la lumière du bilan de nos rencontres, les partages et réflexions entourant cette activité ont permis une expérience positive pour tous les participants, et ce, de manière individuelle et collective aussi.

Les activités reprendront à l’automne 2018 et si vous souhaitez vous joindre à cette activité qui est offerte gratuitement, vous êtes invité à communiquer avec nous!

Bilan

Bilan des groupes de Victoriaville
Le bilan de l’expérience de la CRP en acrostiche!

Une mosaïque de témoignages

En images et en paroles, c’est-à-dire par de brefs témoignages évocateurs de ce qui se vit dans le cadre des ateliers Histoire de penser , quelques participants ont accepté et c’est fort apprécié, de décrire leur expérience. (Cliquez ici pour y avoir accès.)

Depuis septembre 2017, c’est plus de 125 participants qui ont assisté à une série de 12 rencontres hebdomadaires, d’une durée de 1 h 30, leur permettant de déployer les outils de la pensée, être attentifs, créatifs et critiques.

Si ces témoignages vous donnent envie d’en savoir plus ou même de vous inscrire, c’est possible de le faire dès maintenant ici:

 

Le Ministère de la Famille et la FADOQ Centre-du-Québec continueront de soutenir les ateliers pour l’année 2018-2019. Vous êtes les bienvenues! C’est amusant, formateur et dans le cadre du projet soutenu par le programme QADA, c’est gratuit .

*Ateliers disponibles dans plusieurs municipalités du Centre-du-Québec.

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Quelle est la différence entre « douleur » et « souffrance »?

C’est l’histoire de communautés de recherche que j’ai animées récemment et qui ont délibéré et choisi la même question à aborder: Quelle est la différence entre « douleur » et « souffrance » ? Avant même que la recherche commence, plusieurs mains étaient levées afin de dégager le présupposé contenu dans la question, soit: « On présuppose qu’il y a une différence entre la douleur et la souffrance ». Toute la communauté reconnaissait qu’effectivement il y avait là un présupposé et tous se sont entendus pour travailler avec ce dernier.

D’entrée de jeu, personne ne confondait la douleur et la souffrance dans les échanges spontanés, mais presque tout le monde s’est mis à les confondre du moment où le processus de réflexion s’est mis en marche. Chacun des termes se retrouvait défini par celui-là même auquel il s’oppose : la souffrance serait une douleur notamment morale, et la douleur une souffrance notamment physique.

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Quelle douleur, quelle souffrance ?

Première hypothèse de la communauté: la souffrance serait reliée aux émotions, au mal-être psychologique et quant à la douleur le premier lien entrevu serait en lien avec ce qui se passe physiquement, concrètement, de fait.

Aussi, la douleur serait associée à ce qui se présente spontanément lors d’une blessure, les participants faisant référence à « ce qui se passe dans le moment présent ». La souffrance, elle, serait une prolongation de la douleur, voir même le symptôme le plus parlant.

Jusqu’ici, les tentatives de distinctions faites entre « douleur » et « souffrance » faisaient consensus, enfin, jusqu’à ce que la recherche incluant des raisons, des exemples et contre-exemples, nous amène sur d’autres pistes qui viendraient démanteler ce consensus temporaire.

Pour donner suite aux différentes pistes de distinction introduites dans la recherche et essayer de confirmer ou infirmer nos hypothèses, d’autres questions se sont posées afin qu’on interroge les deux mots qui nous occupaient.

Avons-nous un pouvoir sur la douleur? Sur la souffrance?

Y a-t-il une utilité à la douleur, à la souffrance?

Sommes-nous plus sympathiques envers la douleur ou la souffrance?

***

Un moment clef de la recherche faisant démonstration de l’ambivalence de la place qui est concédée à la souffrance (douleur) dans la communauté, voire la société nord-américaine, présentait une opposition, une contradiction entre deux suppositions:

1- Lorsque la souffrance est partagée, elle pourrait plus aisément se dissiper et la personne souffrante se verrait soulagée en partie, parce que la densité du malaise serait distribuée et supportée, par au moins une autre personne.

2- Par contre, même s’il y a des bénéfices important à se révéler et partager une souffrance, la représentation et la révélation de la souffrance ne serait pas nécessairement bienvenues et ne serait pas considérées comme un sujet participant à créer des liens entre les individus qui abordent le sujet auprès de leurs proches ou socialement parce que ce n’est pas constitué de quelque chose d’agréable en soi. Il y aurait une retenue volontaire et (re)commandée par une volonté sociale, un tabou de la douleur, de la souffrance, qui présente une expérience pour laquelle, le ou les sens sont difficilement identifiables et perceptibles. Ce serait une raison qui porterait les personnes souffrantes à s’abstenir puisque le partage, selon différents exemples cités, ne susciterait pas systématiquement de la compassion, mais au contraire une résistance à accueillir, à considérer et supporter cet état. Les raisons évoquées portent sur un possible déni et une peur de la souffrance reliée à la mort, parallèlement au désir de se montrer fort et sans faille, loin de l’humilité, à reconnaître que nous ne sommes que des êtres humains, imparfaits.

Dans le contexte où la CRP est menée, plusieurs Proches Aidants ont été capables d’identifier des situations où ce contresens est présent.

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Beautiful young woman covering her ears over gray background.

Une réflexion réelle

Avoir mal et souffrir ne renvoient pas du tout aux mêmes situations ni par conséquent aux mêmes significations : on ne peut pas mettre sur le même plan le fait de se cogner violemment à un meuble (douleur), et celui de réaliser progressivement que ses aptitudes physiques et intellectuelles, parfois mêmes morales, diminuent avec l’âge et qu’on n’est pas le seul à s’en rendre compte (souffrance). De chacun de ces types d’épreuve, un sentiment se dégage, une idée de soi-même et de la vie – cela même dont nous nous autorisons concrètement pour ne jamais confondre la douleur et la souffrance : nous savons tous que la douleur où l’on fait l’épreuve des choses n’est pas la souffrance où l’on fait l’épreuve de soi. Nous savons aussi qu’on fait l’épreuve de soi comme faisant l’épreuve des choses, et qu’en ce sens toute douleur est en même temps une souffrance. La souffrance et la douleur sont parfaitement distinguées conceptuellement, mais leur réalité est en même temps leur croisement : parce que la sensibilité est toujours celle d’un être qui vit et qu’on ne vit que de manière sensible, chacune se distingue de l’autre en la redoublant.[i]

 

Nous étions loin de faire une simple distinction entre un lapin et un céleri, c’est-à-dire que le temps de recherche qui a été consacré afin de nuancer les propos aura permis de faire une distinction entre les termes que nous employons. Dans le cas qui nous occupait ici, faire une ou des nuances entre souffrance et douleur, il aura été précieux de relever la différence, de faire une distinction entre ces deux termes. Et la différence entre les deux pourra, aux yeux de certains, être mince, subtile, délicate… au point de dire : oh mais voilà une nuance à laquelle je n’avais jamais réfléchi. [ii]

La pratique de la philo à tout âge, 4 mois plus tard,

La pratique de la philosophie en communauté de recherche à tout âge!

Mise en contexte

Depuis le mois de septembre 2017, la FADOQ[1] Centre-du-Québec a choisi de proposer à ses membres et au grand public, un projet novateur, soutenu par le Ministère de la Famille et la Faculté de philosophie de l’Université Laval, afin de permettre la mise en œuvre de communautés de recherche philosophique (CRP)[2].

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